
Viens réchauffer

|
Viens réchauffer tes mains mon frère On dit que nous avons un dieu Que ce n'est pas un militaire... Ni l'empereur, ni son neveu Que ce n'est pas de ces notables Ni de ces bourgeois triomphants On dit qu'il est né à l'étable On dit que Dieu n'est qu'un enfant. Viens réchauffer tes mains trop maigres On dit que tu as la peau noire On dit que tu es un sale nègre Qu'il vaut mieux changer de trottoir On dit que ma petite "caille" L'enfant est né à la minuit Qu'il faisait si noir sur la paille Sa peau était couleur de nuit. Viens réchauffer tes deux mains jaunes Tes poissons maigres de coolies On dit que tu mendies l'aumôme Le sang d'une poignée de riz Qu'on a bombardé vos paroles Brûlé la fleur, brûlé le champ On a dit aussi qu'un roi Hérode A voulu supprimer l'Enfant. Viens réchauffer tes mains, mon frère On dit qu'il nous est né un Dieu Qu'il est né en terre étrangère Et moi... j'ai oublié le lieu Toi qui habites le silence Tes poings serrant un bout de pain Je voudrais voir si sa naissance Tu ne la tiens pas dans tes mains. Jean Debruynne |
Je veux retourner à Noël
Sous Le Genêt Isolé
Je veux retourner à Histoires et poèmes
Franziska Santschi-Geiser © 1999